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EDITO


DOA... finalement.

2008. Cinquième. Entrez et prenez place au Ciné-TNB (grand merci à lui) ! Les compatriotes, sabres au clair, sont là ! Ce qui n’augure pas nécessairement d’une édition franco-française (loin de là) : nous ne parlons pas ici de la programmation finale mais de l’état de la production actuelle telle qu’elle nous apparaît à travers l’envoi massif de films hexagonaux. Pas à dire, ça tourne « Fantastique » en France, dans le petit grand monde du Court. La pellicule, minoritaire mais résistante, continue à faire la joie des laboratoires même s’il reste plus facile, économie du format oblige, de dégainer le numérique. Ce numérique, de plus en plus maîtrisé au stade du tournage ou de la postproduction, qui n’entrave plus notre adhésion de spectateur à l’idée de fiction associée à l’image vidéo.

Bien sûr, des irréductibles continuent de déverser des baquets de sang sur leurs acteurs épouvantés, dans une allégresse générale. Bien entendu, zombies et autres mutant disgracieux continuent d’en vouloir à des poignées d’écervelés venus les déranger en plein festin. Prises de vues (ir)réelles, images synthétiques, 2D, 3D, films composites où s’entrelacent les techniques, tous les moyens sont bons pour qu’on continue de s’émerveiller, frissonner, rire devant les spectacles les plus improbables. Mais surtout, on constate que le Fantastique continue d’emprunter ces voies détournées pour rapporter une vision de notre monde où la place de l’individu, son inconfort social, sa quête de survie morale ou matérielle sont des thèmes de plus en plus centraux (on se demande bien où les auteurs vont chercher tout ça). Ceci vaut pour tous les collègues européens, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre et d’ailleurs qui s’invitent dans le festival. Le mot est résolument passé : le Fantastique, exprimé dans le cadre exclusif du format court, a trouvé son festival européen et il siège à Rennes.

Cette satisfaction, cette reconnaissance des professionnels et du public qui nous rejoignent chaque fois plus nombreux, se trouvent malheureusement ternies par des difficultés financières inattendues : Court Métrange, déjà peu gourmand en subventions émanant de sa ville et de sa région, s’en trouve totalement privé cette année. Ceci en dépit du fait qu’il remplit, à travers ses différentes actions, toutes les conditions requises. Consternation. Probable effet et contrecoup d’une politique culturelle menée à l’échelle nationale. Sans doute. Et puis il nous a été dit que, pour les bailleurs de fond d’évènements tels que le nôtre, il était plus sage, plus rassurant de graver dans le marbre l’existant.

Nous attendons des jours meilleurs en continuant de croire dans le discours qui souhaite la pluralité des projets et condamne l’asphyxie culturelle. Nous avons fait nos preuves, démontré notre passion tout en sachant raisonner avec une économie étroite et contraignante, au point de n’être jamais déficitaires.
Mais bon… dans le marbre, il paraît qu’on grave l’existant. C’est plus sûr. Le marbre ?
Celui des tombeaux et des stèles.
Alors, même s’il est difficile de se faire à cette idée, amies, amis, en attendant que ça s’arrange…

Bienvenue chez les morts.


S.P.







 

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